Mental Archaeology

Au Crédac, exposition collective des artistes Matti Braun, Thea Djordjadze et Jean-Luc Moulène du 22 septembre au 19 décembre 2010

C'est sous ce titre que Kathleen Rahn et Claire Le Restif (respectivement directrices du Kunstverein Nürnberg – Albrecht Dürer Gesellschaft et du Centre d'art contemporain d'Ivry- le Crédac) ont invité trois artistes dont les préoccupations artistiques leur sont chères.

L'artiste géorgienne Thea Djordjadze (née en 1971), dont les sculptures généralement de petites dimensions, réalisées dans des matériaux d'une extrême fragilité, traduisent l'instabilité de la matière (la terre crue, le plâtre, le papier mâché…). L'artiste, pour chacune de ses expositions, met en oeuvre des dialogues nouveaux entre ses pièces. Sans qu'elles soient explicitement convoquées, les notions de mémoire ou d'oubli imprègnent ses oeuvres. Collection d'objets, fétiches, display « ethnographique » ré-inventé, les oeuvres de Thea Djordjadze révèlent leur propre archéologie, partiellement construite ou paradoxalement partiellement détruite. Pour exemple une oeuvre qu'elle créa pour être brûlée et dont les cendres devaient être enterrées.

Si l'archéologie est inversée chez Thea Djordjadze, elle est réinventée chez Matti Braun (né en 1968) avec l'installation Ozürfa (dont un élément avait été présenté en 2009 au Crédac dans « Le Travail de rivière ») dont le titre se traduit par « vraie Urfa ». Ville mythique d'Urfa, en Turquie, elle est considérée comme le site du biblique jardin de l'Eden notamment. Explorateur qui partage sa redécouverte, Matti Braun invente les reliques disparates d'une Urfa authentique. Il fait s'y interpénétrer des histoires hétérogènes, par exemple en évoquant le miracle d'Abraham à travers le squelette de trois carpes placées dans une vitrine de cuivre, éléments qui cohabitent avec une copie du film « Yol » de Yilmaz Güney (1937-1984), palme d'or à Cannes en 1982.

Jean-Luc Moulène (né en 1955) expose différents éléments de son travail. Deux sculptures, quatre « monochromes » réalisés avec le feutre des crayons Bic (noir, rouge, bleu et noir), quatre dessins en « mouvement » réalisés au crayon de graphite, ainsi que des photographies dont sept différentes d'une pierre qui vire sur ellemême. L'archéologie n'est donc pas entendue dans cette exposition au sens propre comme la science des choses anciennes, mais davantage comme un mouvement de l'esprit, qui engage les artistes à excaver ce qui n'a encore jamais été découvert ou à pousser les événements de la matière mentale à faire trace à la surface des choses.

Ce que cette archéologie révèle est bien issue de l'univers mental des artistes. L'archéologie comme Cosa mentale.

Exposition en partenariat avec le Kunstverein de Nuremberg


Vernissage le Tuesday 21 September 2010 de 17h00 à 21h00

Période de l'événement : du Wednesday 22 September 2010 au Sunday 19 December 2010

Plus d'informations sur :

www.credac.fr


Mental Archaeology - recto
Mental Archaeology - verso
Ajouté le 28.08.2010 par sakio

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Situer Centre d'art contemporain d'Ivry - le Crédac


Lieu d'art :
Centre d'art contemporain d'Ivry - le Crédac
93 Avenue Georges Gosnat
94200 Ivry-sur-Seine



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